Je vais vous raconter l’histoire d’un système grippé…

•20 janvier 2010 • Laisser un commentaire

Au printemps 2009 on nous informe qu’un nouveau virus est dans l’air, comme s’il était apparu soudainement du jour au lendemain. La parade a été annoncée dans la foulée avec l’élaboration de vaccins qui sont maintenant l’objet d’une polémique : un vaccin élaboré dans la précipitation est-il efficace ? Cette question d’ordre utilitaire est sans intérêt; pour comprendre l’essence de la chose il faudrait retourner la question : si ce vaccin est inefficace, n’est-il pas au fond le symbole d’une opération avortée de propagande orchestrée de paire par le gouvernement et les médias ?

Mon article invite ceux qui le lisent à relativiser, une fois de plus, sur ce qu’ils voient à la télé, dans les journaux et entendent à la radio; pour savoir, il faut des médias compétents, pas des porte-paroles gouvernementaux persuadés de nous informer. Petite mise au point.

L’emballement médiatique ou le cycle apocalyptique

La grippe A n’est qu’une manifestation de plus de ce que peut-être l’emballement médiatique de nos jours; impossible de compter le nombre d’articles faits sur le sujet par les différents médias depuis le printemps 2009 mais une certitude : cela vire à la paranoïa médiatique, certains sites consacrant même une rubrique spéciale à ce sujet ô combien grave (lemonde.fr, lepoint.fr)! Loin de moi l’idée d’ignorer les 10.000 personnes décédées des suites de ce virus : là n’est pas le problème.

Seulement on peut douter du ton alarmant qu’adoptent les journalistes en de telles circonstances : croyant annoncer une fin du monde, ils n’hésitent pas à relayer d’insignifiantes estimations toujours apocalyptiques énoncées le plus souvent par l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.). Chiffres à l’appui, car les statistiques régissent le monde aujourd’hui, ces gens-là prennent la parole dès l’émergence du virus pour être sûrs qu’on entende le message : ainsi lefigaro.fr a publié au début de l’été une estimation de l’O.M.S. qui prévoit que “deux milliards de personnes souffriront de la grippe A durant les deux années à venir” (1-), rien que ça !

En même temps on peut douter de ces prévisions quand on sait que ce même organisme annonçait en 2004 que la grippe aviaire était susceptible de tuer “jusqu’à 100 millions de personnes parmi plusieurs milliards de malades” (2-). En septembre 2008 on dénombrait 387 cas humains avérés pour 245 morts (3-)…

Alors, que penser dans ce contexte de l’énergie gouvernementale déployée pour nous faire vacciner ? Il faut bien sûr écouler les vaccins commandés pour contrer une pandémie annoncée mais on touche là aussi au point sensible de l’affaire : le gouvernement français tente de contrôler les masses par une intense propagande faisant de la grippe porcine LE danger (en tout cas pour l’année 2009). Après, la vaccination est une décision individuelle : par contre son instrumentalisation est un fait. A ce titre on ne peut que conseiller la lecture de l’étude réalisée par le Dr Giraud, spécialiste de la pharmacovigilance ou l’effet secondaire des médicaments (4-), et intulée “Grippe ‘porcine’ : vacciner ou pas ?”.

La question de la vaccination nous amène à nous demander si tout cela n’est pas avant tout une mise en scène d’une soi-disante catastrophe sanitaire.

Des intérêts aux origines du mal : le système néolibéral en cause

Les doutes que suscitent ce nouveau virus ne sont pas sans poser quelques questions : d’où provient ce qu’on nomme maintenant grippe A ? De quoi résulte ce virus si on ne peut connaitre son origine exacte ? N’est-ce qu’une mise en scène afin de satisfaire des intérêts privés (on n’en serait pas au premier coup d’essai) ? Si tel est le cas, les profits économiques seraient passés avant la santé des hommes ?!

Il est temps de politiser le débat en recontextualisant, travail nécessaire à tout journaliste de ce nom. or les médias ne se sont pas étendus sur les origines du virus, seulement dans quelques brèves au printemps 2009, ou quand les gens ne se sentaient pas encore concernés par le “fléau”. Alors n’espérez même pas voir aujourd’hui un article qui rende responsable le système néolibéral actuel de milliers de morts dans le monde.

Sans doute critiquer le système ne se fait pas; on en fait aussi partie, alors de ce fait on ne s’en croit pas permis. Cela dénote bien l’attitude ambiante fondée sur la croyance idiote que la vie en société passe par le compromis, la discussion à l’amiable, l’idée d’un “ensemble tout devient possible”… Hypocrisie que tout cela : une société avec une seule voix n’est pas une démocratie. Et les médias ne dérogent pas à la règle : ils pourraient être un contre-pouvoir qui informe justement les peuples; pourtant ils nous inondent depuis le printemps 2009 de centaines d’articles inutiles sur la grippe A. On privilégie une quantité de détails superficiels à la qualité d’un article responsabilisant : belle leçon de journalisme !

Mais disons-le : le système néolibéral est le fautif dans cette affaire sanitaire. Reprenons au commencement, dans l’état de Veracruz au Mexique (avril 2009) : la situation sanitaire est préoccupante dans une localité, à Perote, près de laquelle est établi un élevage intensif de porcs. 60% de la population a alors des problèmes respiratoires (5-). L’élevage appartient à une multinationale américaine, Smithfield Foods, spécialisée dans la transformation de la viande de porc. Le virus est vraisemblablement né de cette concentration d’animaux sur une surface réduite : bref on a produit plus pour gagner plus sans aucun souci sanitaire. Un parti politique français s’était d’ailleurs indigné de cette situation (6-), preuve que ce virus est un enjeu de société avant d’être une épidémie.

D’autre part pourquoi parle-t-on de grippe A ou grippe H1N1 ? Ces désinences scientifiques sont assez objectives pour être admises; pourtant on a (brièvement) entendu parler de grippe porcine au printemps 2009, expression qui n’a pas duré; les journalistes, en bons serviteurs se sont adaptés au vocable de circonstance. Mais au fait, pourquoi a-t-on changé d’expression du jour au lendemain ? Il semble que les industriels de l’agroalimentaire n’aient pas apprécié cette publicité sur l’état sanitaire de leurs élevages; ajoutons à cela la Commission européenne qui craignait un effondrement des cours du porc. Une fois de plus, le cours boursier nous indique le chemin à suivre.

Alors, comment passer sous silence la responsabilité du système néolibéral ? Peu de journalistes critiquent cette logique du profit encore en action comme c’est aussi le cas pour la commande de vaccins par le gouvernement français à des industries pharmaceutiques privées à la recherche de contrats juteux (7-). Finalement le virus de la grippe A n’est-il pas symptômatique de notre monde où l’individu recherche son intérêt ?

Une vision nombrilique du monde

Finalement cette pandémie annoncée n’est pas sans morale : une fois de plus il faut regarder plus loin que le bout de son nez et ne pas avaler la propagande gouvernementale que reprennent en orchestre les journalistes soucieux d’informer. On est bel et bien devant un illustre (et énième) emballement médiatique qui tend à s’essoufler au fur-et-à mesure des déclarations politiques.

Ainsi nos chers médias commencent à polémiquer entre eux sur le coût anormal des commandes de vaccins alors qu’on s’en indigne depuis des mois : sans doute est-ce cela le journalisme d’investigation. On nous a fait croire à une possible pandémie alors que la mortalité résultante de la grippe porcine est largement en-deçà des statistiques relevées pour la grippe saisonnière : on dénombre 1100 morts en France alors que 2500 décès ont été causés par la grippe saisonnière (8-).

En outre cet emballement stupide et éffréné a créé une frontière invisible avec le reste du monde : il s’agit de parler de notre vie, de nos soucis, de nos catastrophes sanitaires… Mais arrêtons là ce journalisme nombrilique qui nous apprend chaque jour ce qu’est la démesure : des milliers d’articles pendant des mois sur une grippe qui a tué plus de 10 000 personnes dans le monde, quelques articles au moment du Sidaction pour se donner bonne conscience et parler du Sida en Afrique; plus d’1 500 000 décès, une bagatelle pour nos médias occidentaux !

La grippe porcine, une pandémie ? réfléchissons-y à deux fois, et que les journalistes se gardent dorénavant de nous informer uniquement par des catastrophes imminentes.

1- http://www.lefigaro.fr/sante/2009/07/24/01004-20090724ARTFIG00469-grippe-a-h1n1-l-oms-prevoit-2milliards-de-malades-.php

2- http://fr.wikipedia.org/wiki/Grippe_aviaire

3- http://www.who.int/csr/disease/avian_influenza/country/cases_table_2008_09_10/en/index.html

4- http://www.rolandsimion.org/IMG/pdf/Vacciner_ou_pas.pdf

5- http://www.jornada.unam.mx/2009/04/05/index.php?section=estados&article=025n1est (en espagnol)

6- http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites/646-le-virus-du-neoliberalisme

7- http://www.rue89.com/2009/10/30/h1n1-bachelot-sort-les-contrats-des-labos-mais-efface-les-prix-124020

8- Voir journal télévisé national FR3 du 29.12.2009

Pas de jours fériés pour le capitalisme !

•11 novembre 2009 • Laisser un commentaire

Le capitalisme a le vent en poupe !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui peut encore croire que les jours de repos existent ? Le 11 novembre, sensé être un jour férié et de commémoration, n’échappe pas à la règle. La liberté d’expression du capitalisme est totale : aujourd’hui les super- et hypermarchés sont ouverts tandis que les politiques fanfaronnent sur les Champs Elysées en rêvant d’une Europe libérale unie.

Pas d’armistice avec la démagogie

En ce mercredi 11 novembre 2009 N.Sarkozy a accueilli à Paris la présidente allemande A.Merkel “pour commémorer l’armistice de la première guerre mondiale”, me direz-vous. Pourtant il nous a encore gratifié d’un propos vide de sens dont il a le secret en s’exclamant :
“En ce 11 novembre nous ne commémorons pas la victoire d’un peuple contre un autre mais une épreuve qui fut aussi terrible pour l’un comme pour l’autre.”
Le président est coutumier de ces sorties insignifiantes abondamment relayées par des médias en quête d’information : à l’entendre parler on comprend mieux pourquoi X.Darcos, ministre de l’Education Nationale alors, avait proposé dans sa réforme des lycées en 2008 d’enlever l’histoire-géographie du tronc commun en première (1-)…
A ce titre ces paroles présidentielles sont exemplaires de la culture historique attendue pour les générations futures, par contre on insiste l’apprentissage approfondi des langues étrangères (2-), un apprentissage nécessaire en soi, alors qu’on s’emporte passionément au ministère de l’Education nationale : “les langues étrangères sont indispensables pour être un acteur du monde d’aujourd’hui”, “[elles] sont un des principaux critères de sélection pour accéder aux filières d’excellence et à l’emploi”. Bref la réussite en société passe par les langues, c’est-à-dire la vie dans son époque, dans la mondialisation, cette machine qui broye actuellement l’être humain.
Et les politiques sont là, même un jour de commémoration nationale, pour nous rappeler que l’avenir se joue maintenant à une échelle supranationale, avec LEUR Europe.

De l’amitié franco-allemande à l’Europe libérale, il n’y a qu’un pas

Un journal (3-) voit dans la posture des deux chefs d’Etat “un écho” à F.Mitterrand et E.Kohl se tenant la main, un 11 novembre rappelant 1984 et l’amitié franco-allemande symbolisée par deux personnalités se tenant la main. Il n’en est rien en 2009 : tout cela relève plus de la mise en scène que de la symbolisation d’une amitié. Les propos du président français peuvent appuyer ce constat :
“L’amitié de l’Allemagne et de la France est un trésor. Nous devons à nos parents qui ont tant souffert de tout faire pour préserver et faire fructifier ce trésor”.
Ce n’est pas anodin qu’un président libéral qualifie de “trésor” ce qui relève plutôt des affects humains : on peut alors s’inquiéter de la suite quand il affirme vouloir “faire fructifier ce trésor”. L’amitié franco-allemande devrait-elle être côtée en bourse ? N.Sarkozy ne va pas jusque-là, par contre il tire profit de la situation pour montrer aux yeux du monde un cohésion européenne que symbolisent l’Allemagne et la France.
“Nous partageons les mêmes valeurs, la même ambition pour l’Europe, la même monnaie”, s’exprime-t-il vivement, une position que rejoint la chancelière outre-Rhin : “Nous devons défendre nos valeurs – la démocratie, les droits de l’homme, la solidarité européenne et le partenariat transatlantique. Voici notre mission”.
Tout cela sent la mascarade politique : les chefs d’Etat adoptent un discours très proche, une pensée uniforme qui vise “le partage” et “la défense” de valeurs par tous. Par tous ? Prenons l’exemple de l’Europe, et la supercherie politique se révèle alors : côte à côte, deux chefs d’Etat défendent LEUR Europe au nom de leur peuple respectif et légitiment leur Traité de Lisbonne par une prétendue légitimité populaire (“nous partageons [...] la même ambition pour l’Europe”). Il est temps de rappeler une énième fois aux esprits formatés par la propagande politique qu’à chaque fois qu’un référendum, excellent moyen de vérifier l’adhésion d’un peuple à un projet politique, a eu lieu, cela s’est soldé par un Non face à LEUR Europe : 2005 avec la France et les Pays-Bas puis 2008 avec l’Irlande.
Inutile de préciser que dans ces circonstances nos dirigeants font preuve d’une hypocrisie exemplaire quand ils affirment “défendre nos valeurs” : la démocratie est impossible sans adhésion populaire, les droits de l’homme se sont arrêtés au seuil des prisons françaises, la solidarité européenne est un concept élitiste défini par les puissants pour faire croire à une Europe soudée, enfin le partenariat transatlantique est une douce expression pour désigner l’assimilation du système capitaliste américains par tous les états européens à court ou moyen terme pour les états de l’Est.

Les défenseurs du capitalisme ne prennent pas de repos, même un jour férié !

1- http://www.politique.net/2008100601-comment-xavier-darcos-compte-supprimer-davantage-de-postes-de-profs.htm
2- http://www.education.gouv.fr/cid49210/vers-un-nouveau-lycee-en-2010.html#Pour une orientation plus ouverte
3- http://www.lexpress.fr/actualites/2/sarkozy-et-merkel-celebrent-l-entente-franco-allemande_827690.html

Une société transparente pour le moins floue !

•14 octobre 2009 • 1 Commentaire

le journalisme tranparentLe temps est décidément plus transparent que jamais : les médias, ces penseurs contrefaits, relaient avec fougue des informations qui n’ont avec du recul aucune importance dans nos existences en tant que citoyen, en tant qu’acteur politique. On se foutait déjà de l’idylle médiatique de Sarkozy qui continue pourtant d’alimenter les tabloïds désinformateurs depuis 2005. Une mode présidentielle ? Une mode médiatique ? La responsabilité est partagée; comment comprendre l’actualité en partant de ce postulat ?

Les médias et la publicité

Les médias du Parti de la Presse et de l’Argent (PPA) ont une ligne éditoriale précise : publier, même ce qui relève de la sphère privée et dont on n’a rien à faire. Rendre public “à tout prix”, telle est la maxime médiatique : il est tellement plus intéressant de parler d’artifices plutôt que de prêter attention à des problèmes politiques toujours plus graves chaque année.
Un exemple ? Le PPA a aimé parler de l’ex-ministre de la Justice Dati comme d’une personnalité mondaine en s’extasiant sur l’image qu’elle véhiculait, à savoir celle de la richesse (masquant une pauvreté intellectuelle). Pourtant, peu de journaux ont fait la publicité des conditions inhumaines dans lesquelles sont logés les détenus en France, dossier sensible dans les tiroirs du ministère de la Justice : toujours plus nombreux, toujours plus ignorés… Hiérarchiser l’information, il n’y a que ça de vrai !
Finalement on ne doit pas s’étonner de la superficialité de la presse, celle-là même qui se plie à des critères de transparence : actuellement la publicité, dans les deux sens du terme, garnit les journaux . L’information est à lire entre les lignes ou, encore pire, à chercher soi-même sur internet ou dans des kiosques bien fournis.

La transparence ou l’information bâclée

Mais la mode est à l’exigence de transparence dans notre société, quelles qu’en soient les conséquences. En l’occurence l’absence d’opacité coïncide avec l’absence d’information : il s’agit aujourd’hui de médiatiser immédiatement, inonder de brèves, d’articles indigestes et d’enquêtes bâclées les lecteurs, dont peu soupçonnent l’influence du pouvoir médiatique.
Le quotidien Le Monde est à lui seul le symbole de cette presse vicieuse comme je l’ai déjà dit dans une brève (http://actuanalysee.wordpress.com/2009/08/24/et-si-on-refaisait-le-monde/); ces médias-là s’adonnent sans souci professionnel à une contrefaçon de l’information, quitte à en flouter la réalité.
Encore plus grave, les médias du PPA nous submergent de leurs multiples articles, d’où décoûle l’emballement médiatique, une manifestation trompeuse de la transparence. Il suffit de penser à “l’affaire du rer D” en 2004 : une jeune femme se fait passer pour victime d’antisémitisme, on médiatise intensivement cela… Et il s’avère que la jeune femme a été seule commanditaire de son agression ! Cette affaire, outre la pseudo transparence médiatique, met en relief un autre fait : les journalistes sensés nous éclairer sur l’actualité sont eux-mêmes atteints de cécité !

Dans une démocratie tranparente

L’exigence de tranparence ne s’arrête pas au seul pouvoir médiatique : les politiques ont clairement adopté cette position depuis des années. Sous ses apparences d’un monde dévoilé à tous sans non-dits, la société dite “moderne”, ou plutôt du début du XXI-ème siècle, se caractérise par une liberté de pensée qu’on aimerait réduire à néant : si on vous fait travailler plus, sans doute est-ce pour vous réduire au silence. Un esprit occupé à une tache quotidienne précise est vite aliéné; être subversif va bientôt relever du fantasme. La soumission du peuple est une première étape à la mise en place de la tranparence.
Ensuite on vous en promet “plus”, comme si la transparence était quantifiable en soi ! Et c’est au nom de cette même transparence que l’Etat français investit massivement dans les caméras de vidéosurveillance : car la transparence ne signifie pas redonner au citoyen une liberté d’action politique, et lui faire prendre part aux problèmes de sa société, mais au contraire abolir des frontières considérées jusqu’alors comme inviolables au nom d’une invention ridicule et anti-démocratique, notamment la disparition de limite entre la sphère publique et privée.
Toutefois, même si le pouvoir politique et médiatique nous donnent l’illusion d’une démocratie tranparente et de limites abolies, ils construisent au contraire une nouvelle frontière qui se matérialise par un mécontentement croissant des délaissés et des “dépossédés” (Robert Mc liam Wilson) qui se foutent des termes frivoles comme la tranparence qui ne change en rien leur existence. Si le pouvoir politico-médiatique renonçait à son hypocrite transparence, on pourrait lui conseiller d’être simplement lucide !

PERLE RARE – L’incompétence, marque de fabrique des ministres et de leurs serviteurs-journalistes

•9 octobre 2009 • Laisser un commentaire

Le sinistre du travail Darcos ciré par ses journalistes-serviteursVoici quelque temps que je n’ai pas écrit, peut être par manque d’envie même si la matière (à critiquer) ne manque pas. Je reprends donc mon clavier et alimente ce blog d’un deuxième article “perle rare” qui met à l’honneur l’actuel ministre du travail Xavier Darcos, professionel reconnu en matière d’incompétence depuis son passage au ministère de l’éducation nationale.

“Xavier Darcos : “Le climat social est finalement assez apaisé”
Belle entrée en matière : alors que les insatisfaits de la politique gouvernementale ne décolèrent pas, notre ministre dans l’air du temps n’oublie pas d’évoquer le calme relatif en cette rentrée; des déclarations comme celles-ci soulèvent une question majeure : le sarkozysme réussit-il à rendre l’engagement syndical et personnel amorphes ? En tout cas cela semble être un souhait tacite du ministre “apaisé”.
LE MONDE | 12.09.09 | 14h53 • Mis à jour le 12.09.09 | 15h27

Après un passage délicat au ministère de l’éducation nationale, Xavier Darcos a endossé en juin l’habit de ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. Débuts discrets, marqués par de multiples contacts avec les partenaires sociaux. Sur le terrain ultrasensible des relations sociales, la prudence est de mise. C’est manifeste sur la réforme des retraites, qui sera le grand sujet de 2010 : M. Darcos affiche sa volonté de dialogue et se garde de renchérir sur les propositions du Medef qui veut retarder l’âge du départ à la retraite.
Quel beau portrait de notre cher ministre du travail : on finirait presque par croire que le gouvernement ne défend pas les intérêts patronaux. Pourtant la vérité est toute autre : la Loi n° 2003-775 du 21 août 2003 dite “loi Fillon” a porté à soixante ans l’âge minimum de départ à la retraite, mais le premier ministre dira que c’est une décision gouvernementale; pourtant le MEDEF défendait déjà cette position en 2001. Alors soyons prudents : les journalistes du Monde bienpensants se gardent bien de rappeler cette relation de causalité entre patronat et gouvernants.
Quant à “la volonté de dialogue” de M.Darcos, rappelons-nous seulement son passage au ministère de l’éducation nationale : qui des professeurs ou des lycéens en grève ont été pris en compte dans sa politique d’éducation ? Le ministre semble plus apte au dialogue avec les journalistes qui le carressent dans le sens du poil.

Comment appréciez-vous le climat de cette rentrée ?

Les économistes se sont tellement trompés dans le passé que vous me permettrez d’être extrêmement prudent. Même si l’activité repart, nous n’en avons pas encore terminé avec le chômage. Nous continuerons d’accompagner les demandeurs d’emploi avec la même détermination.
Sans doute est-ce une référence au génialissime Pôle Emploi qui “accompagne” de la meilleure des manières les demandeurs d’emplois : les agents sont surchargés de demandes qu’ils ne peuvent toutes traiter, faisant même appel à des sociétés de sous-traitance privées, ce depuis des années contrairement aux médias qui font passer cela sur le compte du trop grand nombre de chômeurs en 2008-2009.
Il est aussi inutile de rappeler le nombre de chômeurs en France, l’équivalent de 2.535.200 personnes (juillet 2009) plus les oubliés, les radiés des listes, pour qualifier de ridicules les propos du ministre : avant d’en “terminer avec le chômage”, il faudrait commencer à s’en soucier.

La taxe carbone est mal comprise par l’opinion, cela vous inquiète-t-il ?
Sans doute les journalistes éclairés du Monde ont-ils compris le projet plein de nuance et de raffinement suggéré par un gouvernement connu pour sa main verte ! Un journal sérieux critiquait déjà en 2007 les bonnes âmes écologiques pour un Grenelle de l’environnement en publiant une “anthologie des gros nuls de l’environnement” (1-). La taxe carbone est aussi dans cette lignée des supercheries écologiques.
Non, les Français vont vite s’apercevoir que ce n’est pas un impôt mais une contribution pour changer de comportement. Si on a aimé “Ushuaïa”, il faut aimer la taxe carbone ! C’est une mesure morale, une mesure éthique.
Une taxe de 17€, une simple “contribution” ? Sans doute pour quelqu’un qui touche près de 14 000 € mensuels (2-) ! Pour les autres millions de Français la réalité est différente : vécue à juste titre comme injuste, cette taxe ne va guère toucher les entreprises contrairement à ce qu’affirment les médias désinformateurs; en effet celles-ci peuvent payer la taxe carbone sans dépenser un sou, ceci en vendant des “permis d’émission” à d’autres Etats européens…
En bref il existe depuis des années un marché financier mondial créé pour échanger entre entreprises des émissions de CO2 histoire qu’aux grandes conférences les dirigeants politiques agitent de beaux chiffres attestant les efforts déployés par leur tissu industriel en matière d’environnement; comble de la supercherie : ce sont ceux-là même qui aujourd’hui veulent prendre des “mesures morales et éthiques” pour sauvegarder l’environnement !
A ce titre le ministre dresse une analogie intéressante entre la taxe carbone et l’émission “Ushuaïa” de Nicola Hulot, par ailleurs proche idéologiquement de l’écologiquement-correct Y.Arthus-Bertand, réalisateur de “Home”… financé par des amoureux de l’environnement tels que le groupe PPR de François Pinault ! Bref si vous aimez ce que fait Y.Arthus-Bertrand, et par corrélation l’écologie (mal) engagée d’Hulot, alors vous aimerez la taxe carbone, parole de Darcos !

Vos relations avec les syndicats sont-elles plus faciles que lorsque vous étiez ministre de l’éducation nationale ?

C’est vrai qu’à l’éducation nationale, dès le 20 août, je recevais les dates des jours de grève et seulement un mois après les revendications. La crise a modifié les comportements. Nous ne sommes plus dans un affrontement entre droite antisociale et gauche progressiste : tout le monde est dans la même crise et les syndicats ont beaucoup oeuvré pour une stratégie de démarche contractuelle. Signer des accords, c’est mieux que de se fâcher, de défiler, de tout casser. On le doit notamment à la réforme de la représentativité. Tout cela crée un climat social finalement assez apaisé et propice au dialogue.
Le Darcosophiste récidive ! Il commence par raviver le cliché du prof’ toujours en grève, insatisfait constant (à juste titre) des politiques mises en place à l’éducation nationale… Passons l’attaque en-dessous de la ceinture : cette première phrase dénote seulement l’état de notre ministre du travail qui se manifeste par des raccourcis intellectuels propres aux incompétents en tous genres (tels une Lagarde à l’économie, une Albanel à la culture, une Dati partie de la Chancellerie, etc…).
Il continue cette démonstration ridicule en faisant croire à une grande cohésion nationale : gauche, droite, syndicats, tous ces communiants oeuvrent à la rédemption du système capitaliste, M.Darcos en tête ! Cela relève évidemment d’une vision simpliste sortie tout droit de l’esprit d’un ministre : la crise n’engage que ceux qui l’ont créée, alimentée ou cautionnée… Par leur alternance ou cohabitation, gauche et droite oeuvrent dans ce sens depuis au moins deux décennies, même si l’extrême gauche a une position singulière dans sa dénonciation du capitalisme.
Mais qu’entend Darcos par “démarche contractuelle” à propos des syndicats ? Sans doute pense-t-il à ceux qui, CFDT en tête, ont privilégié le “dialogue” à l’action sociale par la grève générale. le puéril ministre préfère ces arrangements entre gentils, parce que “se fâcher” c’est pas bien !
Au passage belle gradation : “se fâcher, défiler, tout casser”… Le ministre du travail aborde sa fonction sans idées reçues sur les mouvements sociaux : sans doute aimerait-il un pays amorphe, soumis et qui vive dans un “climat apaisé et propice” à la propagande gouvernementale.

Mais il y a Molex et d’autres conflits durs…
Belle répartie journalistique ! On voit là des gens savants aux propos nuancés : qualifier de “conflits durs” des manifestations locales et spontanées de la colère ouvrière relève du mensonge et surtout, une fois de plus, de la désinformation. Par contre ces journalistes-là n’hésitaient pas il y a quelques mois à qualifier de séquestrations ces actions ouvrières qui consistaient à retenir leur employeur une nuit dans leur entreprise, qui plus est dans des conditions respectant la dignité humaine. Braves journalistes, vous avez l’art de peser les mots !
Il existe quelques conflits locaux, durs, qui peuvent entraîner de la surenchère. Mais ils restent ponctuels, isolés. Quand une entreprise veut fermer, emporter les brevets et empêcher toute reprise d’activité, cela peut expliquer la colère des salariés. Le gouvernement déploie tous ses efforts pour trouver une solution.
Darcos se contente ici d’une analyse digne d’un journaliste du PPA : il nous apprend que des salariés sont en colère, cela parce qu’ils vont perdre leur emploi ! Le ministre flirte avec l’absurde par de tels propos; autant paraitre ridicule que de dire la vérité : on peut être sûr qu’un ministre au service d’un système libéral qui a montré ses limites et faiblesses ne s’opposera pas à ces délocalisations, conséquence exemplaire de la “mondialisation” si bénéfique à l’homme (politique et financier) depuis des décennies. Mais rassurons-nous : “Le gouvernement déploie tous ses efforts pour trouver une solution.” Hypocrisie caractérisée ! Les seuls efforts que consent l’Etat, c’est une subvention financière aux entreprises étrangères s’installant en France, celles-là mêmes qui délocalisent leurs activités quelques années plus tard sans que cet argent leur soit repris. Autrment dit le gouvernement déploie tous ses efforts pour nous créer des problèmes : on préfèré avantager des multinationales avides de profits au détriment d’une main-d’oeuvre ouvrière dans le besoin.

Bernard Thibault, de la CGT, demande que l’Etat consente une avance aux salariés de Molex qui ne sont pas payés depuis deux mois…

C’est à l’entreprise de payer ses dettes.
Et au gouvernement de s’engager dans une politique sociale sérieuse… Mais là réside l’oxymore : la politique aujourd’hui en place est clairement antisociale malgré les simagrés de marionnettes (nos chers ministres) qui récitent platement leurs répliques pour ne pas perdre la face, faisant incessament référence à des statistiques qui font office de seul soutien à leur politique. mais comme l’a dit par le passé l’écrivain américain Mark Twain : “Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques.” (Autobiographie – 1924).
Le gouvernement friant de démonstrations nous montre bien depuis des années sa soi-disante incompétence à arrêter les délocalisations : reprenez à une entreprise les subventions que vous lui accordez et voyez si elle partira comme un voleur ! Mais l’hypocrisie n’est là aussi pas d’aujourd’hui : les médias se gardent bien de rappeler qu’un certain Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’économie, proposait déjà en 2004 un plan “anti-délocalisation” (3-). C’est une vieille recette politique : pour calmer les tensions sociales on fait mine de comprendre, on bricole un plan qui a pour seule conséquence de donner plus de sous à des entreprises qui partiront juste après : bref, “on fait des efforts pour trouver une solution” !

On a l’impression qu’au gouvernement le mot d’ordre de la rentrée est : pas de vague avant les élections régionales de mars…
Hum ! Nos trois journalistes du Monde se permettent une petite question subversive au milieu de leur interview-cirage de pompes !
Ce n’est pas exactement ainsi que je vois les choses. On ne peut pas dire que le travail du dimanche soit une petite réforme ni qu’elle soit consensuelle. Ma démarche est d’avancer sur les sujets difficiles mais en prenant le temps de la concertation.
“Le temps de la concertation” ? De préférence en plein été quand les Français sont en vacances ! Quoi ? La réforme du travail du dimanche n’est-elle pas passée fin juillet (2009) ? Mais je vous vois arriver : vous allez dire que les salariés n’ont pas été consultés, qu’ils sont les oubliés de la réforme. Heureusement que LeFigaro.fr (4-) est là pour nous éclairer sur cette brillante avancée sociale : “Le texte réaffirme le principe du repos dominical et propose ‘de véritables contreparties’ aux salariés”; paradoxe que cela : comment garantir le repos dominical à des salariés qu’on incite fortement à travailler un jour de plus ? Et le ministre du travail d’affirmer que les “représentants des salriés” ont été consultés : d’où la différence entre consultation et concertation. On est bien là dans notre temps : rechercher le consensus en comité restreint, une minorité qui impose ses choix à la majorité, la démocrature en somme.

Prenons le dossier des retraites. Le Medef vous presse d’agir, la CFDT demande la tenue d’un “Grenelle des retraites”. Que leur répondez-vous ?
Evidemment les mauvaises réformes rapidement adoptées sont plus vite acceptées, même si on s’en serait indigné voici quelques années : cette stratégie est chère au Medef, et par effet de corrélation au gouvernement en place. Face à cela, le syndicat CFDT propose un “Grenelle des retraites” : vaste fumisterie que le principe du grenelle, cette pseudo-consultation qui n’est rien d’autre qu’une mise en scène pour convaincre l’opinion publique du bien-fondé d’une réforme inacceptable.
Le gouvernement n’a pas dans sa poche un projet de réforme tout ficelé. L’année prochaine nous engagerons une concertation avec les partenaires sociaux pour établir un bilan global de la situation et en tirer toutes les conséquences. Les chiffres sont clairs : nous avons aujourd’hui 1,8 cotisant pour un retraité, en 2010 ce sera 1,5, et 1,2 en 2050.
Bel exemple de cette collusion entre journalistes du PPA et hommes politiques; on croirait presque lire : “- Que répondez-vous au Medef, dont vous défendez les intérêts, et à la CFDT, le syndicat-tapis du moment ? – La concertation, mes chers, voilà la tendance ! Réfléchissons ensemble à un moyen de faire travailler les Français jusqu’à 70 ans.” Comprenez aussi que le gouvernement a déjà un “projet ficelé sur les retraites”; cela se confirmera en temps voulu.

Une réforme de fond du système est-elle possible en 2010 ?

C’est souhaitable.
On en vient à une question fondamentale : une “réforme de fond” du systèmes des retraites est-elle possible ? “Souhaitable”, affirme Darcos. Voilà un propos éloquent qui permet de discuter sérieusement d’une réforme touchant des millions de Français : le ministre du travail s’illustre par une expression qui ne nous dit rien; où comment un incompétent sinistre du travail traite avec dédain un sujet important.

François Fillon dit que c’est un débat de campagne présidentielle…

François Fillon a insisté sur l’importance politique du sujet des retraites. Je ne vois pas de contradiction au fait de travailler en 2010 sur le dossier et qu’en 2012, nous soyons jugés sur notre capacité à avoir fait progresser ce dossier.
Sans doute peut-on juger une réforme aussi importante en l’espace de deux années. Et  petite remarque : on ne fait pas “progresser” un dossier; l’homme seul a cette capacité, mais le ministre nous montre aussi qu’il peut régresser, avec des discours politiques toujours plus vides de sens.

L’emploi des seniors reste en panne, qu’allez-vous faire ?

La loi prévoit, à partir du 1er janvier 2010, des pénalités pour les entreprises qui refusent des plans d’action pour l’emploi des seniors. Nous l’appliquerons.
On verra en temps voulu si cette parole en l’air est tenue, quoi que la loi puisse s’appliquer : il s’agirait de sanctionner les entreprises qui refusent “des plans d’action pour l’emploi”, formule ampoulée pour dire qu’on pensera un jour aux séniors; il ne s’agit donc pas de prendre des mesures contre les entreprises qui refusent d’employer cette main d’oeuvre. Le ministre tient-il un propos nuancé, ou est-ce une maladresse de langage ?

Qu’allez-vous proposer sur les retraites chapeaux ?

Nous agirons dès cet automne pour moraliser le dispositif. Les dispositions nécessaires seront incluses dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Nous y travaillons.
Ah, ce grand mot, la “morale” : on ne l’utilise jamais autant que dans une société amorale ! Aucune précision sur l’encadrement des retraites chapeaux ou retraites dorées : tout cela sera donc à voir dans le “projet de loi de financement de la sécurité sociale”, un projet qui met au défi les meilleurs lecteurs d’entre nous ! Bref le ministre “travaille” à nous faire oublier ce projet.

Le trou de la Sécurité sociale se creuse. De combien le forfait hospitalier va-t-il augmenter ?
Voici un comportement de serviteurs-journalistes avec une question qui considère comme allant de soi une augmentation du forfait hospitalier. Il faut boucher le trou de la Sécu ? Alors pourquoi envisage-t-on de rembourser un vaccin anti-grippe A (5-) alors que sa commande à des laboratoires pharmaceutiques privés, cela va de soi, est estimée entre 1 et 1,5 milliard d’euros ? Le terme de gouffre conviendrait mieux pour la Sécurité sociale, et contrairement à ce que nous font croire ces braves journalistes par leur question, les Français doivent contribuer mais n’ont pas à payer intégralement d’énormes dettes élargies par l’action de l’Etat.
Le montant de la hausse n’est pas encore fixé, mais quand j’entends la gauche pousser des cris d’orfraie j’appelle au calme : le forfait est pris en charge par les mutuelles et beaucoup de patients en sont exonérés. Notre objectif n’est pas de mettre en oeuvre un plan de rigueur, alors que le déficit résulte essentiellement d’un manque de recettes. On sait très bien que ce sont des régimes qui resteront déséquilibrés en 2010 ; simplement, nous devons veiller à bien maîtriser les dépenses.
Là réside le problème : le ministre veut nous faire croire qu’on ne paiera pas notre séjour à l’hôpital : actuellement cela est normalement pris en charge par les mutuelles, mais croyez-vous qu’un forfait plus cher pour votre mutuelle vous préservera d’une augmentation de votre cotisation ? Indirectement les malades vont payer à leur mutuelle l’augmentation de forfait exigée par l’Etat.
Autrement dit c’est une nouvelle attaque du système de santé français, car un patient avec peu de ressources financières et payant plus cher sa mutuelle hésitera à se faire hospitaliser même s’il est gravement malade. Quant à la “maitrise des dépenses” la blague n’a que trop duré; l’exemple même en a été donné avec la crise et le creusement du déficit de l’Etat (plus de 50 milliards prévus pour 2009).

Une salariée de France Télécom s’est défenestrée vendredi 11 septembre, deux jours après le geste désespéré d’un autre employé. Depuis février 2008 les syndicats ont dénombré 22 suicides. Que pouvez-vous faire ?
23 suicides en fait, mais on ne fait pas du journalisme qu’avec des chiffres ! Cela souligne encore plus le malaise ambiant depuis des années sur le suicide au travail, auquel j’ai déjà consacré un bref article sur mon blog (6-). Les journalistes prennent aujourd’hui conscience de ce phénomène grave alors qu’ils ignorent depuis des années les messages de détresse des syndicats et de l’Observatoire du travail créé (spécialement !) pour France Télécom. A ce sujet je vous conseille l’article du journal Plan B “France Télécom – Quand les médias tressaient la corde des pendus”.
Je vais recevoir en tout début de semaine Didier Lombard, le PDG de l’entreprise avec qui je me suis déjà entretenu par téléphone. Nous essayons de comprendre ce qui s’est passé et nous allons voir comment les aider. Je lui ai rappelé que d’autres entreprises comme Alstom ou Renault avaient mis en place des dispositifs de veille. Je l’ai invité à traduire dans son entreprise l’accord interprofessionnel sur le stress au travail qui résulte d’une directive européenne.
Avant la fin de l’année, nous mettrons en train un deuxième plan “santé au travail”. On s’est beaucoup focalisé, à raison, ces dernières années sur le problème de l’amiante, sur les troubles musculo-squelettiques, mais les préoccupations qui montent aujourd’hui sont aussi d’ordre psychologique, avec le stress au travail.
M.Darcos fait ici référence au technocentre Renault-Guyancourt connu pour ses trois suicides en quelques mois; pour quelle raison ? Ghosn, pdg de Renault, à lancé courant 2006 “Renault contrat 2009″, un plan fixant des objectifs inhumains à des personnels déjà sous pression. Lombard est aussi un de ces pdg qui veulent dans leurs mains une entreprise-machine-à-broyer-rentable. Que fait le gouvernement ? Le ministre-ramier nous répond qu’il “essaie de comprendre ce qui s’est passé” ! L’homme se dit “préoccupé” par le stress au travail, mais cela ne veut pas dire qu’il va s’en occuper… Bref pour les mesures politiques sérieuses faudra repasser (beaucoup) plus tard !

Dans un récent rapport, Brigitte Grésy, inspectrice générale des affaires sociales, propose d’imposer des pénalités financières aux entreprises pour lutter contre les inégalités salariales hommes-femmes. Y êtes-vous favorable ?

En matière d’égalité salariale, comme dans les autres dossiers, le ministre du travail ne doit pas être un imprécateur : il faut parfois mettre le monde de l’entreprise sous contrainte. Ce fut d’ailleurs le cas pour l’emploi des seniors, où le gouvernement leur a imposé des obligations. Les recommandations de Mme Grésy vont être étudiées et feront ensuite l’objet de propositions du gouvernement.
Voici l’illusion des “entreprises contraintes” par le gouvernement, PME mises à part. Le ministre illustre à merveille son incompétence en ajoutant qu’il leur a imposé des obligations en matière d’emploi des séniors; il suffit de remonter à la bonne question, une fois n’est pas coutume, des journalistes du Monde posée ci-dessus : “L’emploi des seniors reste en panne, qu’allez-vous faire ?”… (l’incohérence du ministre est éloquente) Les entreprises peuvent donc avoir peur si le ministre leur impose “des obligations” !

Etes-vous favorable à un quota de 40 % de femmes dans les conseils d’administration des entreprises du CAC 40 et du secteur public, comme le propose le rapport ?
Encore une question qui part du présupposé qu’une stricte égalité hommes/femmes est impossible; on a en outre à faire à des journalistes éhontés et à côté du problème : on se dit que la discrimination à la tête des entreprises du CAC 40 et du secteur public est un problème : sans doute est-ce là une mesure politique essentielle comparé aux quarante entreprises qui qui dégagent des bénéfices énormes et un secteur public qui ne cesse de se privatiser pour accroitre les bénéfices des premier cités !
Sans doute est-ce cela la hiérarchie de l’information…

Les chefs d’entreprise que j’ai rencontrés sont d’accord sur cet objectif de 40 % de femmes dans six ans. Je pense donc qu’il s’accomplira de lui-même, sans que nous soyons obligés d’imposer une contrainte dans la loi. Si nous voyons que dans trois-quatre ans, rien n’a bougé, il faudra en revanche recourir à la loi.
Foi de Darcos la parité hommes/femmes sera imposée, mais dans six ans ! Clairement l’homme ne sera alors plus ministre du travail, et c’est en outre un propos profondément mysogine tenu là : un gouvernement envisagerait de faire accéder par la loi des femmes au pouvoir pour tenir un engagement politique et non pas leurs compétences. Bref , M.Darcos nous propose une idée sarkozyste de 2007 où l’autre promettait un gouvernement d’une mixité exemplaire; démarche louable, mais qu’a-t-on eu puisqu’il fallait des femmes à tous prix ? Dati au ministère de la justice (qui se souvient encore de son passage houleux), Lagarde à l’économie (la crise a donc commencé en 2007…), Albanel ex-ministre de la culture (cela a mis son incopétence au premier plan)…
Bref ce ne sont pas là des exemples très reluisants pour la gente féminine; seulement tant qu’on cherchera à donner des fonctions importantes à des femmes juste pour montrer son ouverture d’esprit on restera aux antipodes de ce qu’on peut réellement espérer en matière de politique “d’intégration”. Finalement cela se constate déjà depuis des années, avec notamment le groupe IAM qui disait dans sa chanson “Official”en 2007: “Pour une femme président faudra repasser dans cent ans”.

Propos recueillis par Rémi Barroux, Anne Chemin et Françoise Fressoz
Félicitations pour ce travail consciencieux diffusé et lu par des millions d’internautes !
Rien à redire si ce n’est ce constat d’un comique à son époque :
“Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent! C’est pire!” (Coluche). A ceci près qu’aujourd’hui ils les répètent… et beaucoup y croient !

Article paru dans l’édition du 13.09.09.”

1- http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article1523
2- http://www.salaire-mensuel.com/salaire-xavier-darcos-13905.php
3- http://www.archives.premier-ministre.gouv.fr/villepin/information/les_dossiers_actualites_19/lutter_les_delocalisations_une_406/index.html
4- http://www.lefigaro.fr/politique/2009/07/23/01002-20090723ARTFIG00259-le-travail-le-dimanche-adopte-de-justesse-.php
5- http://www.couleurgeek.com/7744-vaccin-grippe-a-remboursement-secu-obligatoire-ou-pas/20090727.html
6- http://actuanalysee.wordpress.com/2009/10/01/un-suicidaire-peut-en-cacher-un-autre/

Un suicidaire peut en cacher un autre !

•1 octobre 2009 • Laisser un commentaire

le service public devient une sévice publique !Un climat malsain depuis des années

Mais que se passe-t-il donc ? Le suicide est-il une fatalité ? En tout cas Sarkozy n’y a pas pensé quand il plaça la thématique du travail au centre de son programme électoral pour se faire élire en 2007 : le “travailler plus” s’est imprimé dans la mémoire de chacun au risque de metre une pression de plus sur des travailleurs efficaces depuis des années, que ce soit la main-d’oeuvre ouvrière ou les salariés du secteur tertiaire (1-). Contrairement à ce que les médias peuvent faire croire le malaise ne date pas d’aujourd’hui : Sarkozy ne l’a pas créé mais l’a amplifié. Le drapeau rouge était déjà agité par quelques voix ignorées en 2007 : on peut citer le documentaire “J’ai (très) mal au travail” de Jean-Michel Carré entre autres.
Finalement, comment ne pas être stressé et sous pression quand votre emploi est constamment menacé, que ce soit par une éventuelle délocalisation ou par des objectifs inhumains pas atteints ?

“- S.O.S Détresse ? – Non, France Télécom !”

Inutile de refaire l’actualité sur les suicides chez France Télécom, les incompétents qui s’en chargent nous ont gavés !
Quoi de mieux qu’un actualité chiffrée a défaut de raisonner ? Depuis deux semaines les articles se multiplient : 22, 23 puis 24 suicides; et voici l’article qui se termine par une pieuse déclaration de Didier Lombard, pdg de France Télécom : “Il n’est pas normal que l’humain ne soit pas passé en tête de nos préoccupations” (2-), peut-on lire dans une brève de Tf1-lci.
Mince alors : et moi qui croyais qu’on en demandait trop aux salariés ! Arrêtons l’hypocrisie : des objectifs élevés sont fixés aux salariés, la pression s’accroit sous le poids de ventres affamés… Mensonge ? Alors pourquoi Didier Lombard a-t-il touché près d’1 660 000€ en 2008 (3-) ? Avait-il “l’humain en tête” quand il avait l’argent en poche ?
Pourtant l’humaniste patron n’a pipé mot pendant l’été 2008 quand l’Observatoire du stress a dénombré six suicides en deux mois (4-) : peut-être que l’été le suicide passe comme une lettre à la Poste…

La Poste, du service public à la sévice publique

C’est dans ces situations dramatiques que les discours de nos gouvernants sont entendus par tous à double tranchant : que dire alors des déclarations d’Estrosi qui promet que La Poste restera un service public ?
Cette direction gouvernementale semble directement dans la même lignée que celle prise pour France Télécom : une privatisation partielle, une demande plus importante de bénéfices, plus de pression, d’antidépresseurs et en fin de suicides. Mais on n’ira pas jusqu’à dire que l’Etat est responsable de telles situations dramatiques.
Ainsi prenez un Lombard, remplacez-le par un Bailly, troquez des milliers de salariés stressés contre des milliers de facteurs stressés : le constat sera le même, seule la profession du défunt changera dans la rubrique nécrologie. Alors, toujours pour la privatisation de la Poste ?

1- http://www.invest-in-france.org/international/fr/Une-main-d-oeuvre-parmi-les-plus-productives-au-monde.html
2- http://tf1.lci.fr/infos/economie/social/0,,4821903,00.html
3- http://www.journaldunet.com/economie/dirigeants/salaires-patrons/didier-lombard.shtml
4- http://www.observatoiredustressft.org/index.php?option=com_content&view=article&id=1545:presse-six-suicides-en-deux-mois-an-france-telecom&catid=66:suicides-revue-de-presse&Itemid=56

Et si on refaisait Le Monde ?

•24 août 2009 • 1 Commentaire

Une fois n’est pas coutume, le quotidien national s’illustre par son manque de rigueur dans le traitement de l’information mais aussi par des articles toujours plus mauvais s’adressant de plus en plus à un public bien-pensant. Ce journal à touefois le mérite de nous faire réfléchir sur ce que ne doit pas être un journaliste.

Selon l’institut EPIQ, Le Monde était quotidiennement lu par 1 899 000 personnes (en 2005), soit par près d’un trentième de la population française : il est clair qu’à cette échelle l’erreur journalistique est difficilement permise.
L’erreur est certainement humaine, mais que dire de multiples erreurs ? En même temps, ce commentaire n’émane pas d’un journaliste : corporatisme oblige, on portera peu de crédit à mes réflexions d’amateur.
Des instituts reconnus vont donc suppléer à mon amateurisme : je fais ici référence à l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) qui s’est ouvertement plaint auprès du Monde dans un communiqué pour le moins intéressant :

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Paris, le 20 mars 2009

L’Insee s’étonne des libertés prises, en première page, par le journal Le Monde à propos des prévisions figurant dans sa dernière Note de conjoncture, publiée le 20 mars. L’Insee rappelle que cette Note ne contient aucune prévision sur l’ensemble de l’année, mais seulement sur le premier semestre. Il est donc erroné d’en déduire que « l’Insee prévoit un PIB en recul de 2,9 % sur l’année » ainsi qu’« une chute de 3 % du PIB dans les pays développés en 2009 ». Pour ce qui est de l’année 2009 dans son entier, le résultat final dépendra de ce que sera la croissance au second semestre, que nous ne prévoyons pas aujourd’hui.
S’agissant de la France, le chiffre de 2,9% qui figure dans la Note de conjoncture correspond classiquement à l’acquis de croissance en milieu d’année, c’est-à-dire à ce que serait la croissance en 2009 dans l’hypothèse conventionnelle (il ne s’agit en rien d’une prévision) d’une croissance nulle au second semestre.
Il nous paraît important que de grands organes de presse traitent avec toute la rigueur nécessaire l’information économique, en particulier celle qui vient de l’Insee.” (1-)

Alors, suis-je seulement une mauvaise langue quand je critique Le Monde ? C’est avec ce journalisme mondial, c’est à dire une pratique mondialisée du peudo-journalisme rendue effective notamment par Le Monde, qu’on oublie ce qu’est le journalisme indépendant : viser une information précise et juste ! Trop de journalistes sont aujourd’hui dans cet état d’esprit où la doxa, l’opinion prend le pas sur la réflexion.
Je suis d’avis qu’un rapport s’est inversé dans le journalisme contemporain : il s’agit de plaire à la masse, de la divertir, de lui raconter des histoires qui la tiennent en haleine quotidiennement, ce que d’autres experts pompeux appelleront “story telling”. Cette “société du spectacle”, dont les journalistes sont les clowns, a encore de belles années devant elle…
Allez, une dernière blague pour la route : Le Monde a publié aujourd’hui (24 août) un article intitulé “Bonus et crédits : Sarkozy rappelle à l’ordre les banques françaises” (2- )… Evitez de rire, par respect pour ce (pseudo-)travail signé Claire Gatinois (elle a au moins eu le courage de signer son article) !

1- http://www.insee.fr/fr/ppp/comm_presse/comm/cphcconjonctureMonde0309.pdf
2- http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/08/24/bonus-et-credits-nicolas-sarkozy-rappelle-a-l-ordre-les-banques-francaises_1231260_3234.html

Mieux vaut prévenir que sécuriser !

•3 août 2009 • Laisser un commentaire

Attiser la peur en la faisant parler !Nous vivons plus que jamais dans une société du chiffre aujourd’hui; je me contraints donc à cette règle le temps d’un article pour vous parler du traitement de l’information par les médias, notamment quand on agite les marionnettes de la peur pour maintenir les esprits dans la caverne. Laissez-moi vous éclairer sur quelques chiffres intéressants.

Le feu appelou, le feu à Firminy et l’embrasement des médias

Voici quelques semaines, ayant l’intime conviction que les médias nous bourraient le crâne de phobies sorties du leur, je me suis penché un temps sur les articles traitant de près ou de loin le thème de l’insécurité en France, une semaine avant le 14 juillet annoncé comme “chaud”.
Ces statistiques n’ont pas pour but de totalement contredire l’argumentaire du journaliste lambda (malheureusement puissant aujourd’hui) : seulement il faut aussi à chaque article prendre en compte les causes des évènements, à savoir recontextualiser, ne pas traiter l’information comme un cyclope dévoué à l’Oeil de l’Elysée. On pourra me reprocher que je ne suis pas journaliste, pourtant j’ai vu les “grands médias” à l’oeuvre.

Quoi ? Vous avez déjà oublié Firminy ? Pourtant on pouvait voir il y a encore quelques semaines cameramen, journalistes et interviewers de la télé’, de la presse et de la radio parcourir la vallée de l’Ondaine à la recherche de sensationnel. Là où les émeutiers passent les journalistes repassent : que dire du traitement de l’information à ce moment-là ? Il s’est vite orienté sur les “violences urbaines”.
Le suicide du jeune appelou est passé au second plan, soulevant pourtant des questions importantes : le père du défunt reconnaissait que son fils “avait fait des bêtises”, donc que son fils avait sûrement subi des gardes à vues; si tel est le cas, pourquoi aurait-il commis ce geste maintenant et pas avant ? Comment expliquer le silence pesant des services de police ? Enfin quel journaliste s’est servi de ce drame pour s’indigner une fois de plus des conditions de détention en garde à vue ? Est-il besoin de rappeler qu’1% de la population française a subi une G.A.V. en 2008 ?
Par contre ils ont tous été làquelques jours plus tard, derrière les barrières de sécurité, à attendre les résultats de la reconstitution au commissariat du Chambon Feugerolles, pour mettre fin à ce qui n’est pour eux qu’une histoire de plus à faire exploser l’audimat (ou les ventes de journaux) et à occuper les esprits.

Déjà le feu une semaine avant le 14 juillet

Les statistiques que je vous présente ont été établies sur la période du 1er au 8 juillet 2009, soit le moment d’embrasement de l’Ondaine… pure coïncidence puisque j’avais choisi au départ cette semaine pour anticiper le comportement conditionné des médias du PPA, ceux qui nous disaient des semaines auparavant que le 14 juillet serait le point d’orgue des voitures brûlées.
Au passage ces journalistes sont de bons comptables, toujours là pour compter le nombre de voitures brûlées lors de la fête nationale ou pour le nombre de chômeurs chaque mois : mais on ne peut pas compter sur eux pour avoir un avis sur ces chiffres !

Par contre je me ferai un plaisir de vous commenter ma feuille de calcul : j’ai consulté quatres sites de grande audience en ligne (lemonde.fr, lepoint.fr, lexpress.fr, lefigaro.fr) et dénombré pas moins de 39 articles faisant référence de près ou de loin à un climat d’insécurité en France.
Epuisons les chiffres : cela fait une moyenne de 5 à 6 articles par jour soit d’un article en ligne toutes les 4 – 5 heures !
Alors oui je ne suis pas journaliste, mais j’aime à commenter ceux qui ont un pouvoir confirmé et sont plus que jamais influents : on comprend mieux les propos de Patrick le Lay, ancien pdg de TF1, qui faisait de la publicité, mais c’est en l’occurence applicable aux articles de journalistes, une priorité pour occuper “le temps de cerveau disponible”. Les médias du PPA ne visent plus  l’information.
Alors ils sont drôles, ces journalistes qui griffent du bout des ongles le système ultra-libéral depuis quelques mois : au contraire, ils sont les fers de lance de la machine, font l’apologie du capitalisme sous leurs simulacres d’indignés et donnent des apparences de démocratie à la désormais démocrature française : la démarche quantitative du journalisme se fait au détriment des soucis qualitatifs des articles.
Ne nous leurrons pas en ce XXIè siècle : le PPA nous indique la marche à suivre, alors marchons au pas !

ICI le détail des articles faisant référence de près ou de loin au thème de l’insécurité (1er juillet – 8 août)

PPAetsécurité

Ils travaillent plus et gagnent moins pendant qu’ils gagnent plus et travaillent moins !

•15 juillet 2009 • Laisser un commentaire

Cet homme gagne plus qu'il ne travaille !Voici un petit billet de vacances qui nous fait remonter à une actualité politique lointaine, avec ce slogan imprimé dans toutes les mémoires depuis 2007 : “travailler plus pour gagner plus”. Cet adage sarkozyste est néanmoins plus d’actualité que jamais, et je ne peux que vous renvoyer à cet article sur lemonde.fr : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/07/12/dans-la-vienne-des-salaries-menacent-de-faire-sauter-leur-usine_1218080_3234.html.
Comment en arrive-t-on à de tels extrêmes (qu’on peut comprendre contrairement au tollé que ces actions suscitent dans les médias du PPA) ? Finalement ceci n’est qu’un exemple d’une juste conséquence provoquée par d’injustes causes.

Non, la France ne fait pas la révolution bien qu’aujourd’hui nous soyons le 14 juillet !
On voit fleurir par-ci par-là de ponctuels mouvements de révoltes qui sont plus résignés que destructeurs. En effet ces actions de dépit, qu’ont appelées les médias du PPA “séquestrations”, n’ont eu qu’une infime conséquence sur l’à-venir : certains ouvriers qui n’ont rien laché ont réussi à obtenir des compensations financières inespérées au départ, preuve que ces entreprises frappées par la crise ne sont pas “ruinées”, “en faillite”.
Et pourtant les humiliations sociales ne font que se multiplier depuis quelques années : la blague des heures supplémentaires mieux rémunérées à fait rire les sceptiques de la politique sarkozyste, puis la réalité sociale est revenue au galop…
Reprenons le cas d’ouvriers qui n’ont fait que repousser l’échéance de leur licenciement (ou “reconversion” pour quelques chanceux) et ont accepté pour cela des conditions de travail indécentes : outre l’abolition effective des 35 heures, on a aussi accepté de travailler le week-end dans certaines entreprises, certains s’étant même soumis au chômage partiel… Tout cela pour quoi ?

Les licenciements n’ont pas cessé ces dernières années, les suppressions d’emplois sont même une priorité en temps de crise qui arrange certaines entreprises qui profitent de l’air du temps et mettent en place des “plans de restructuration” (comprendre licenciements).
Je ne citerai personne si ce n’est l’exemplaire gestionnaire de la multinationale Hewlett Packard qui restera à jamais connu pour ses annonces : en septembre 2008 il a déclaré vouloir supprimer 25000 emplois dans le monde (1-), soit 7,5% des effectifs, sachant que Mark Hurd (“homme fort de HP” 2-) avait déjà décidé un plan similaire en 2005, où 14500 suppressions d’emplois étaient prévues (3-). Et devinez le salaire de ce brillant homme ? 34 millions de dollars en 2008 pour “performances exceptionnelles” (4-)!
Ainsi le cas de HP peut permettre aujourd’hui de généraliser un constat pour le moins révoltant, et appelant au mieux à l’insurrection : on a travaillé plus pour qu’ils gagnent plus !

1- http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/09/16/hewlett-packard-va-licencier-pres-de-25-000-personnes_1095570_3234.html
2- http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39214951,00.htm
3- http://www.echosdunet.net/news/breve_1365_la+france+gravement+touchee+par+licenciements+hewlett-packard.html
4- http://www.theinquirer.fr/2009/01/21/34-millions-de-dollars-de-salaire-pour-le-boss-de-hp.html

Le sondage du mois de juillet… sur les sondages !

•13 juillet 2009 • Laisser un commentaire

Des infirmes à Firminy

•11 juillet 2009 • Laisser un commentaire

Jusqu’alors ignorée des médias nationaux, la périphérie stéphanoise a été ces derniers jours sous les feux des projecteurs (de caméra, d’hélicoptère…). La mort du jeune appelou a vite été atténuée par les journaux et télévisions qui ont fixé l’attention des masses sur les “violences urbaines” : quid de la soudaine mort du jeune homme appelou ? Les journalistes ne sont-ils donc capables de nous nourir que de clichés médiatiques ?

“Sortez les appareils, on va photographier des animaux en pleine action”

Cet intitulé est clairement provocateur pour résumer mon sentiment sur une ènième médiatisation malsaine. Voici que Firminy, ville périphérique d’à peu près 20 000 habitants dans la périphérie stéphanoise, somme toute une ville moyenne comme beaucoup d’autres en France, devient en quelques heures le centre d’intérêt des médias du PPA.
Les radios (RTL, Europe 1, France Info…), journaux (Le Monde, L’Express, Le Point, Le Figaro, La Tribune-Le Progrès…) et télévisions (TF1, France 3, TL7…) investissent la méconnue vallée de l’Ondaine pour en faire leurs choux gras (cf édition de La Tribune du mercredi 8 juillet 2009 où figure en Une la tentative de suicide, qui tient page 7 un tiers de page ! Si ce n’est pas un choix délibéré…).
Même l’AFP, agence de presse pourtant connue comme rigoureuse dans le traitement de l’information, s’est permise des approximations (voir ci-dessous) en ciblant le conflit uniquement sur Firminy, omettant de parler des cas similaires constatés, certes à moindre échelle, dans les communes du Chambon Feugerolles et de la Ricamarie.

Source : A-gence F-ormatée P-resse Lexpress.fr a fait montre de son style inimitable en parlant d’“émeutes près de St Etienne”, Lemonde.fr a parlé d’“échauffourées à Firminy” mais aussi d’“émeutes” (terminologie à la mode), Lepoint.fr s’est référé au “quartier sensible de Fiminy Vert”… Mais heureusement que les forces de police étaient présentes : le préfet de la Loire Pierre Soubelet, muet depuis deux jours à propos de la tentative de suicide du jeune appelou, a surtout évoqué le “travail exemplaire des forces de l’ordre” tout comme a pu nous le montrer un journaliste du Progrès local du nom d’Hugo Chauvin (par ailleurs membre actif au sein de l’UNI, jeunesse sarkozyste à qui la politique sécuritaire ne déplait pas).
Bref tous les ingrédients étaient réunis pour photographier des “bandes de jeunes” enragées et faire la Une des journaux et journaux télévisés : on voit bien ici le rôle prépondérant des médias qui ont le pouvoir de schléroser les esprits en nous enfermant dans des clichés médiatiques. Les mentalités ne changeront pas tant qu’on continuera de parler et de donner une connotation péjorative au mot banlieue.

Les périphéries en marge : l’information médiatique et la réalité du terrain

Dans ce type d’évènement les mêmes débats reviennent : les avis sont partagés entre la légitimation et la condamnation des violences; la légitimité d’une action est extra-légale, c’est-à-dire que le geste peut être compris en-dehors des lois. Une nuit enflammée était-elle nécessaire, d’autant plus que les parents du maintenant défunt ont appelé au calme avant le début de ces violences : “J’ai parlé avec les jeunes en leur disant que ça ne sert à rien de brûler et de casser. Ce n’est pas une solution. Mais je ne suis pas arrivé à les calmer” a déclaré le père du jeune appelou disparu mardi soir avant le début des débordements.
On peut comprendre ces actes violents mais ne pas les tolérer : pourquoi détruire ce qui valorise un quartier, à savoir ses différents commerces ? Néanmoins on peut s’accorder sur le fait que ces débordements ont servi les intérêts des médias du PPA, eux qui n’attendaient que “l’émeute” (ou les meutes) s’emballe(-nt) pour activer les flashs d’appareils, brancher les micros et écrire des conneries. Seulement en agissant de la sorte ces gens violents ont contribué à renforcer des préjugés sur la banlieue et à renforcer la “peur médiatique”.

Et c’est là qu’on assiste à un choc des perceptions : quel appelou n’est jamais passé par Fiminy Vert ? Est-ce vraiment une cité depuis quelques jours, simplement parce que quelques journalistes de quotidiens nationaux incompétents ont relayé massivement l’information, catégorisant Firminy dans les villes dites “chaudes” ?
Soyons sérieux : Firminy Vert avait un Centre Commercial dynamique, un Pôle Emploi, un local des Restos du Coeur… Autrement dit de multiples services de proximité; les journalistes qui parlent de Firminy Vert ont-ils déjà fait des reportages vantant les mérites de tels services ?
Les actes violents, et là réside la contradiction, ont détruit ce qui valorise un quartier : j’expliquerai cela en disant qu’on est dans un cercle vicieux de la violence (voiture brûlées puis deux cents CRS permanents stationnés dans le quartier; puis voiture brûlées et renforts de CRS…) mais qu’aussi cette violence est à contextualiser.

Comme le souligne un article du Progrès (comme quoi on peut trouver des articles utiles dans de mauvais journaux !) le chômage touche très durement la périphérie stéphanoise par rapport à St Etienne et notamment la tranche d’âge 18-25 ans. Seulement les médias oublient de dire que la population vivant en périphérie n’est pas stimulée, elle est mise en marge et n’a encore pas vu les effets d’un “plan Banlieue” depuis quinze ans. La ministre de la ville en déplacement à la Courneuve, F.Amara, a aujourd’hui promis une énième fois des résultats concrets en matière de soutien de ces populations vivant en périphérie. Seulement ce plan Banlieue est comme les autres : un trou d’air sans budget. Comme le dit bien le rappeur Abd al Malik, par ailleurs critique des “modes médiatiques” :
“c’est pas repeindre les murs qu’il faut, mais mettre la lumière dans les êtres”. Je vous conseille d’ailleurs cette chanson, “Hlm Tango”, qui traite tout à fait de cette perception de la banlieue. Malik se demande par ailleurs : “mais que dit le regard sous l’emprise d’une forme de peur médiatique ?”. Nous, appelous et habitants de la vallée de l’Ondaine, pouvont y répondre : les médias sont producteurs de clichés, on en est maintenant sûrs !

 
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.