Voici quelque temps que je n’ai pas écrit, peut être par manque d’envie même si la matière (à critiquer) ne manque pas. Je reprends donc mon clavier et alimente ce blog d’un deuxième article “perle rare” qui met à l’honneur l’actuel ministre du travail Xavier Darcos, professionel reconnu en matière d’incompétence depuis son passage au ministère de l’éducation nationale.
“Xavier Darcos : “Le climat social est finalement assez apaisé”
Belle entrée en matière : alors que les insatisfaits de la politique gouvernementale ne décolèrent pas, notre ministre dans l’air du temps n’oublie pas d’évoquer le calme relatif en cette rentrée; des déclarations comme celles-ci soulèvent une question majeure : le sarkozysme réussit-il à rendre l’engagement syndical et personnel amorphes ? En tout cas cela semble être un souhait tacite du ministre “apaisé”.
LE MONDE | 12.09.09 | 14h53 • Mis à jour le 12.09.09 | 15h27
Après un passage délicat au ministère de l’éducation nationale, Xavier Darcos a endossé en juin l’habit de ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. Débuts discrets, marqués par de multiples contacts avec les partenaires sociaux. Sur le terrain ultrasensible des relations sociales, la prudence est de mise. C’est manifeste sur la réforme des retraites, qui sera le grand sujet de 2010 : M. Darcos affiche sa volonté de dialogue et se garde de renchérir sur les propositions du Medef qui veut retarder l’âge du départ à la retraite.
Quel beau portrait de notre cher ministre du travail : on finirait presque par croire que le gouvernement ne défend pas les intérêts patronaux. Pourtant la vérité est toute autre : la Loi n° 2003-775 du 21 août 2003 dite “loi Fillon” a porté à soixante ans l’âge minimum de départ à la retraite, mais le premier ministre dira que c’est une décision gouvernementale; pourtant le MEDEF défendait déjà cette position en 2001. Alors soyons prudents : les journalistes du Monde bienpensants se gardent bien de rappeler cette relation de causalité entre patronat et gouvernants.
Quant à “la volonté de dialogue” de M.Darcos, rappelons-nous seulement son passage au ministère de l’éducation nationale : qui des professeurs ou des lycéens en grève ont été pris en compte dans sa politique d’éducation ? Le ministre semble plus apte au dialogue avec les journalistes qui le carressent dans le sens du poil.
Comment appréciez-vous le climat de cette rentrée ?
Les économistes se sont tellement trompés dans le passé que vous me permettrez d’être extrêmement prudent. Même si l’activité repart, nous n’en avons pas encore terminé avec le chômage. Nous continuerons d’accompagner les demandeurs d’emploi avec la même détermination.
Sans doute est-ce une référence au génialissime Pôle Emploi qui “accompagne” de la meilleure des manières les demandeurs d’emplois : les agents sont surchargés de demandes qu’ils ne peuvent toutes traiter, faisant même appel à des sociétés de sous-traitance privées, ce depuis des années contrairement aux médias qui font passer cela sur le compte du trop grand nombre de chômeurs en 2008-2009.
Il est aussi inutile de rappeler le nombre de chômeurs en France, l’équivalent de 2.535.200 personnes (juillet 2009) plus les oubliés, les radiés des listes, pour qualifier de ridicules les propos du ministre : avant d’en “terminer avec le chômage”, il faudrait commencer à s’en soucier.
La taxe carbone est mal comprise par l’opinion, cela vous inquiète-t-il ?
Sans doute les journalistes éclairés du Monde ont-ils compris le projet plein de nuance et de raffinement suggéré par un gouvernement connu pour sa main verte ! Un journal sérieux critiquait déjà en 2007 les bonnes âmes écologiques pour un Grenelle de l’environnement en publiant une “anthologie des gros nuls de l’environnement” (1-). La taxe carbone est aussi dans cette lignée des supercheries écologiques.
Non, les Français vont vite s’apercevoir que ce n’est pas un impôt mais une contribution pour changer de comportement. Si on a aimé “Ushuaïa”, il faut aimer la taxe carbone ! C’est une mesure morale, une mesure éthique.
Une taxe de 17€, une simple “contribution” ? Sans doute pour quelqu’un qui touche près de 14 000 € mensuels (2-) ! Pour les autres millions de Français la réalité est différente : vécue à juste titre comme injuste, cette taxe ne va guère toucher les entreprises contrairement à ce qu’affirment les médias désinformateurs; en effet celles-ci peuvent payer la taxe carbone sans dépenser un sou, ceci en vendant des “permis d’émission” à d’autres Etats européens…
En bref il existe depuis des années un marché financier mondial créé pour échanger entre entreprises des émissions de CO2 histoire qu’aux grandes conférences les dirigeants politiques agitent de beaux chiffres attestant les efforts déployés par leur tissu industriel en matière d’environnement; comble de la supercherie : ce sont ceux-là même qui aujourd’hui veulent prendre des “mesures morales et éthiques” pour sauvegarder l’environnement !
A ce titre le ministre dresse une analogie intéressante entre la taxe carbone et l’émission “Ushuaïa” de Nicola Hulot, par ailleurs proche idéologiquement de l’écologiquement-correct Y.Arthus-Bertand, réalisateur de “Home”… financé par des amoureux de l’environnement tels que le groupe PPR de François Pinault ! Bref si vous aimez ce que fait Y.Arthus-Bertrand, et par corrélation l’écologie (mal) engagée d’Hulot, alors vous aimerez la taxe carbone, parole de Darcos !
Vos relations avec les syndicats sont-elles plus faciles que lorsque vous étiez ministre de l’éducation nationale ?
C’est vrai qu’à l’éducation nationale, dès le 20 août, je recevais les dates des jours de grève et seulement un mois après les revendications. La crise a modifié les comportements. Nous ne sommes plus dans un affrontement entre droite antisociale et gauche progressiste : tout le monde est dans la même crise et les syndicats ont beaucoup oeuvré pour une stratégie de démarche contractuelle. Signer des accords, c’est mieux que de se fâcher, de défiler, de tout casser. On le doit notamment à la réforme de la représentativité. Tout cela crée un climat social finalement assez apaisé et propice au dialogue.
Le Darcosophiste récidive ! Il commence par raviver le cliché du prof’ toujours en grève, insatisfait constant (à juste titre) des politiques mises en place à l’éducation nationale… Passons l’attaque en-dessous de la ceinture : cette première phrase dénote seulement l’état de notre ministre du travail qui se manifeste par des raccourcis intellectuels propres aux incompétents en tous genres (tels une Lagarde à l’économie, une Albanel à la culture, une Dati partie de la Chancellerie, etc…).
Il continue cette démonstration ridicule en faisant croire à une grande cohésion nationale : gauche, droite, syndicats, tous ces communiants oeuvrent à la rédemption du système capitaliste, M.Darcos en tête ! Cela relève évidemment d’une vision simpliste sortie tout droit de l’esprit d’un ministre : la crise n’engage que ceux qui l’ont créée, alimentée ou cautionnée… Par leur alternance ou cohabitation, gauche et droite oeuvrent dans ce sens depuis au moins deux décennies, même si l’extrême gauche a une position singulière dans sa dénonciation du capitalisme.
Mais qu’entend Darcos par “démarche contractuelle” à propos des syndicats ? Sans doute pense-t-il à ceux qui, CFDT en tête, ont privilégié le “dialogue” à l’action sociale par la grève générale. le puéril ministre préfère ces arrangements entre gentils, parce que “se fâcher” c’est pas bien !
Au passage belle gradation : “se fâcher, défiler, tout casser”… Le ministre du travail aborde sa fonction sans idées reçues sur les mouvements sociaux : sans doute aimerait-il un pays amorphe, soumis et qui vive dans un “climat apaisé et propice” à la propagande gouvernementale.
Mais il y a Molex et d’autres conflits durs…
Belle répartie journalistique ! On voit là des gens savants aux propos nuancés : qualifier de “conflits durs” des manifestations locales et spontanées de la colère ouvrière relève du mensonge et surtout, une fois de plus, de la désinformation. Par contre ces journalistes-là n’hésitaient pas il y a quelques mois à qualifier de séquestrations ces actions ouvrières qui consistaient à retenir leur employeur une nuit dans leur entreprise, qui plus est dans des conditions respectant la dignité humaine. Braves journalistes, vous avez l’art de peser les mots !
Il existe quelques conflits locaux, durs, qui peuvent entraîner de la surenchère. Mais ils restent ponctuels, isolés. Quand une entreprise veut fermer, emporter les brevets et empêcher toute reprise d’activité, cela peut expliquer la colère des salariés. Le gouvernement déploie tous ses efforts pour trouver une solution.
Darcos se contente ici d’une analyse digne d’un journaliste du PPA : il nous apprend que des salariés sont en colère, cela parce qu’ils vont perdre leur emploi ! Le ministre flirte avec l’absurde par de tels propos; autant paraitre ridicule que de dire la vérité : on peut être sûr qu’un ministre au service d’un système libéral qui a montré ses limites et faiblesses ne s’opposera pas à ces délocalisations, conséquence exemplaire de la “mondialisation” si bénéfique à l’homme (politique et financier) depuis des décennies. Mais rassurons-nous : “Le gouvernement déploie tous ses efforts pour trouver une solution.” Hypocrisie caractérisée ! Les seuls efforts que consent l’Etat, c’est une subvention financière aux entreprises étrangères s’installant en France, celles-là mêmes qui délocalisent leurs activités quelques années plus tard sans que cet argent leur soit repris. Autrment dit le gouvernement déploie tous ses efforts pour nous créer des problèmes : on préfèré avantager des multinationales avides de profits au détriment d’une main-d’oeuvre ouvrière dans le besoin.
Bernard Thibault, de la CGT, demande que l’Etat consente une avance aux salariés de Molex qui ne sont pas payés depuis deux mois…
C’est à l’entreprise de payer ses dettes.
Et au gouvernement de s’engager dans une politique sociale sérieuse… Mais là réside l’oxymore : la politique aujourd’hui en place est clairement antisociale malgré les simagrés de marionnettes (nos chers ministres) qui récitent platement leurs répliques pour ne pas perdre la face, faisant incessament référence à des statistiques qui font office de seul soutien à leur politique. mais comme l’a dit par le passé l’écrivain américain Mark Twain : “Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques.” (Autobiographie – 1924).
Le gouvernement friant de démonstrations nous montre bien depuis des années sa soi-disante incompétence à arrêter les délocalisations : reprenez à une entreprise les subventions que vous lui accordez et voyez si elle partira comme un voleur ! Mais l’hypocrisie n’est là aussi pas d’aujourd’hui : les médias se gardent bien de rappeler qu’un certain Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’économie, proposait déjà en 2004 un plan “anti-délocalisation” (3-). C’est une vieille recette politique : pour calmer les tensions sociales on fait mine de comprendre, on bricole un plan qui a pour seule conséquence de donner plus de sous à des entreprises qui partiront juste après : bref, “on fait des efforts pour trouver une solution” !
On a l’impression qu’au gouvernement le mot d’ordre de la rentrée est : pas de vague avant les élections régionales de mars…
Hum ! Nos trois journalistes du Monde se permettent une petite question subversive au milieu de leur interview-cirage de pompes !
Ce n’est pas exactement ainsi que je vois les choses. On ne peut pas dire que le travail du dimanche soit une petite réforme ni qu’elle soit consensuelle. Ma démarche est d’avancer sur les sujets difficiles mais en prenant le temps de la concertation.
“Le temps de la concertation” ? De préférence en plein été quand les Français sont en vacances ! Quoi ? La réforme du travail du dimanche n’est-elle pas passée fin juillet (2009) ? Mais je vous vois arriver : vous allez dire que les salariés n’ont pas été consultés, qu’ils sont les oubliés de la réforme. Heureusement que LeFigaro.fr (4-) est là pour nous éclairer sur cette brillante avancée sociale : “Le texte réaffirme le principe du repos dominical et propose ‘de véritables contreparties’ aux salariés”; paradoxe que cela : comment garantir le repos dominical à des salariés qu’on incite fortement à travailler un jour de plus ? Et le ministre du travail d’affirmer que les “représentants des salriés” ont été consultés : d’où la différence entre consultation et concertation. On est bien là dans notre temps : rechercher le consensus en comité restreint, une minorité qui impose ses choix à la majorité, la démocrature en somme.
Prenons le dossier des retraites. Le Medef vous presse d’agir, la CFDT demande la tenue d’un “Grenelle des retraites”. Que leur répondez-vous ?
Evidemment les mauvaises réformes rapidement adoptées sont plus vite acceptées, même si on s’en serait indigné voici quelques années : cette stratégie est chère au Medef, et par effet de corrélation au gouvernement en place. Face à cela, le syndicat CFDT propose un “Grenelle des retraites” : vaste fumisterie que le principe du grenelle, cette pseudo-consultation qui n’est rien d’autre qu’une mise en scène pour convaincre l’opinion publique du bien-fondé d’une réforme inacceptable.
Le gouvernement n’a pas dans sa poche un projet de réforme tout ficelé. L’année prochaine nous engagerons une concertation avec les partenaires sociaux pour établir un bilan global de la situation et en tirer toutes les conséquences. Les chiffres sont clairs : nous avons aujourd’hui 1,8 cotisant pour un retraité, en 2010 ce sera 1,5, et 1,2 en 2050.
Bel exemple de cette collusion entre journalistes du PPA et hommes politiques; on croirait presque lire : “- Que répondez-vous au Medef, dont vous défendez les intérêts, et à la CFDT, le syndicat-tapis du moment ? – La concertation, mes chers, voilà la tendance ! Réfléchissons ensemble à un moyen de faire travailler les Français jusqu’à 70 ans.” Comprenez aussi que le gouvernement a déjà un “projet ficelé sur les retraites”; cela se confirmera en temps voulu.
Une réforme de fond du système est-elle possible en 2010 ?
C’est souhaitable.
On en vient à une question fondamentale : une “réforme de fond” du systèmes des retraites est-elle possible ? “Souhaitable”, affirme Darcos. Voilà un propos éloquent qui permet de discuter sérieusement d’une réforme touchant des millions de Français : le ministre du travail s’illustre par une expression qui ne nous dit rien; où comment un incompétent sinistre du travail traite avec dédain un sujet important.
François Fillon dit que c’est un débat de campagne présidentielle…
François Fillon a insisté sur l’importance politique du sujet des retraites. Je ne vois pas de contradiction au fait de travailler en 2010 sur le dossier et qu’en 2012, nous soyons jugés sur notre capacité à avoir fait progresser ce dossier.
Sans doute peut-on juger une réforme aussi importante en l’espace de deux années. Et petite remarque : on ne fait pas “progresser” un dossier; l’homme seul a cette capacité, mais le ministre nous montre aussi qu’il peut régresser, avec des discours politiques toujours plus vides de sens.
L’emploi des seniors reste en panne, qu’allez-vous faire ?
La loi prévoit, à partir du 1er janvier 2010, des pénalités pour les entreprises qui refusent des plans d’action pour l’emploi des seniors. Nous l’appliquerons.
On verra en temps voulu si cette parole en l’air est tenue, quoi que la loi puisse s’appliquer : il s’agirait de sanctionner les entreprises qui refusent “des plans d’action pour l’emploi”, formule ampoulée pour dire qu’on pensera un jour aux séniors; il ne s’agit donc pas de prendre des mesures contre les entreprises qui refusent d’employer cette main d’oeuvre. Le ministre tient-il un propos nuancé, ou est-ce une maladresse de langage ?
Qu’allez-vous proposer sur les retraites chapeaux ?
Nous agirons dès cet automne pour moraliser le dispositif. Les dispositions nécessaires seront incluses dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Nous y travaillons.
Ah, ce grand mot, la “morale” : on ne l’utilise jamais autant que dans une société amorale ! Aucune précision sur l’encadrement des retraites chapeaux ou retraites dorées : tout cela sera donc à voir dans le “projet de loi de financement de la sécurité sociale”, un projet qui met au défi les meilleurs lecteurs d’entre nous ! Bref le ministre “travaille” à nous faire oublier ce projet.
Le trou de la Sécurité sociale se creuse. De combien le forfait hospitalier va-t-il augmenter ?
Voici un comportement de serviteurs-journalistes avec une question qui considère comme allant de soi une augmentation du forfait hospitalier. Il faut boucher le trou de la Sécu ? Alors pourquoi envisage-t-on de rembourser un vaccin anti-grippe A (5-) alors que sa commande à des laboratoires pharmaceutiques privés, cela va de soi, est estimée entre 1 et 1,5 milliard d’euros ? Le terme de gouffre conviendrait mieux pour la Sécurité sociale, et contrairement à ce que nous font croire ces braves journalistes par leur question, les Français doivent contribuer mais n’ont pas à payer intégralement d’énormes dettes élargies par l’action de l’Etat.
Le montant de la hausse n’est pas encore fixé, mais quand j’entends la gauche pousser des cris d’orfraie j’appelle au calme : le forfait est pris en charge par les mutuelles et beaucoup de patients en sont exonérés. Notre objectif n’est pas de mettre en oeuvre un plan de rigueur, alors que le déficit résulte essentiellement d’un manque de recettes. On sait très bien que ce sont des régimes qui resteront déséquilibrés en 2010 ; simplement, nous devons veiller à bien maîtriser les dépenses.
Là réside le problème : le ministre veut nous faire croire qu’on ne paiera pas notre séjour à l’hôpital : actuellement cela est normalement pris en charge par les mutuelles, mais croyez-vous qu’un forfait plus cher pour votre mutuelle vous préservera d’une augmentation de votre cotisation ? Indirectement les malades vont payer à leur mutuelle l’augmentation de forfait exigée par l’Etat.
Autrement dit c’est une nouvelle attaque du système de santé français, car un patient avec peu de ressources financières et payant plus cher sa mutuelle hésitera à se faire hospitaliser même s’il est gravement malade. Quant à la “maitrise des dépenses” la blague n’a que trop duré; l’exemple même en a été donné avec la crise et le creusement du déficit de l’Etat (plus de 50 milliards prévus pour 2009).
Une salariée de France Télécom s’est défenestrée vendredi 11 septembre, deux jours après le geste désespéré d’un autre employé. Depuis février 2008 les syndicats ont dénombré 22 suicides. Que pouvez-vous faire ?
23 suicides en fait, mais on ne fait pas du journalisme qu’avec des chiffres ! Cela souligne encore plus le malaise ambiant depuis des années sur le suicide au travail, auquel j’ai déjà consacré un bref article sur mon blog (6-). Les journalistes prennent aujourd’hui conscience de ce phénomène grave alors qu’ils ignorent depuis des années les messages de détresse des syndicats et de l’Observatoire du travail créé (spécialement !) pour France Télécom. A ce sujet je vous conseille l’article du journal Plan B “France Télécom – Quand les médias tressaient la corde des pendus”.
Je vais recevoir en tout début de semaine Didier Lombard, le PDG de l’entreprise avec qui je me suis déjà entretenu par téléphone. Nous essayons de comprendre ce qui s’est passé et nous allons voir comment les aider. Je lui ai rappelé que d’autres entreprises comme Alstom ou Renault avaient mis en place des dispositifs de veille. Je l’ai invité à traduire dans son entreprise l’accord interprofessionnel sur le stress au travail qui résulte d’une directive européenne.
Avant la fin de l’année, nous mettrons en train un deuxième plan “santé au travail”. On s’est beaucoup focalisé, à raison, ces dernières années sur le problème de l’amiante, sur les troubles musculo-squelettiques, mais les préoccupations qui montent aujourd’hui sont aussi d’ordre psychologique, avec le stress au travail.
M.Darcos fait ici référence au technocentre Renault-Guyancourt connu pour ses trois suicides en quelques mois; pour quelle raison ? Ghosn, pdg de Renault, à lancé courant 2006 “Renault contrat 2009″, un plan fixant des objectifs inhumains à des personnels déjà sous pression. Lombard est aussi un de ces pdg qui veulent dans leurs mains une entreprise-machine-à-broyer-rentable. Que fait le gouvernement ? Le ministre-ramier nous répond qu’il “essaie de comprendre ce qui s’est passé” ! L’homme se dit “préoccupé” par le stress au travail, mais cela ne veut pas dire qu’il va s’en occuper… Bref pour les mesures politiques sérieuses faudra repasser (beaucoup) plus tard !
Dans un récent rapport, Brigitte Grésy, inspectrice générale des affaires sociales, propose d’imposer des pénalités financières aux entreprises pour lutter contre les inégalités salariales hommes-femmes. Y êtes-vous favorable ?
En matière d’égalité salariale, comme dans les autres dossiers, le ministre du travail ne doit pas être un imprécateur : il faut parfois mettre le monde de l’entreprise sous contrainte. Ce fut d’ailleurs le cas pour l’emploi des seniors, où le gouvernement leur a imposé des obligations. Les recommandations de Mme Grésy vont être étudiées et feront ensuite l’objet de propositions du gouvernement.
Voici l’illusion des “entreprises contraintes” par le gouvernement, PME mises à part. Le ministre illustre à merveille son incompétence en ajoutant qu’il leur a imposé des obligations en matière d’emploi des séniors; il suffit de remonter à la bonne question, une fois n’est pas coutume, des journalistes du Monde posée ci-dessus : “L’emploi des seniors reste en panne, qu’allez-vous faire ?”… (l’incohérence du ministre est éloquente) Les entreprises peuvent donc avoir peur si le ministre leur impose “des obligations” !
Etes-vous favorable à un quota de 40 % de femmes dans les conseils d’administration des entreprises du CAC 40 et du secteur public, comme le propose le rapport ?
Encore une question qui part du présupposé qu’une stricte égalité hommes/femmes est impossible; on a en outre à faire à des journalistes éhontés et à côté du problème : on se dit que la discrimination à la tête des entreprises du CAC 40 et du secteur public est un problème : sans doute est-ce là une mesure politique essentielle comparé aux quarante entreprises qui qui dégagent des bénéfices énormes et un secteur public qui ne cesse de se privatiser pour accroitre les bénéfices des premier cités !
Sans doute est-ce cela la hiérarchie de l’information…
Les chefs d’entreprise que j’ai rencontrés sont d’accord sur cet objectif de 40 % de femmes dans six ans. Je pense donc qu’il s’accomplira de lui-même, sans que nous soyons obligés d’imposer une contrainte dans la loi. Si nous voyons que dans trois-quatre ans, rien n’a bougé, il faudra en revanche recourir à la loi.
Foi de Darcos la parité hommes/femmes sera imposée, mais dans six ans ! Clairement l’homme ne sera alors plus ministre du travail, et c’est en outre un propos profondément mysogine tenu là : un gouvernement envisagerait de faire accéder par la loi des femmes au pouvoir pour tenir un engagement politique et non pas leurs compétences. Bref , M.Darcos nous propose une idée sarkozyste de 2007 où l’autre promettait un gouvernement d’une mixité exemplaire; démarche louable, mais qu’a-t-on eu puisqu’il fallait des femmes à tous prix ? Dati au ministère de la justice (qui se souvient encore de son passage houleux), Lagarde à l’économie (la crise a donc commencé en 2007…), Albanel ex-ministre de la culture (cela a mis son incopétence au premier plan)…
Bref ce ne sont pas là des exemples très reluisants pour la gente féminine; seulement tant qu’on cherchera à donner des fonctions importantes à des femmes juste pour montrer son ouverture d’esprit on restera aux antipodes de ce qu’on peut réellement espérer en matière de politique “d’intégration”. Finalement cela se constate déjà depuis des années, avec notamment le groupe IAM qui disait dans sa chanson “Official”en 2007: “Pour une femme président faudra repasser dans cent ans”.
Propos recueillis par Rémi Barroux, Anne Chemin et Françoise Fressoz
Félicitations pour ce travail consciencieux diffusé et lu par des millions d’internautes !
Rien à redire si ce n’est ce constat d’un comique à son époque :
“Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent! C’est pire!” (Coluche). A ceci près qu’aujourd’hui ils les répètent… et beaucoup y croient !
Article paru dans l’édition du 13.09.09.”
1- http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article1523
2- http://www.salaire-mensuel.com/salaire-xavier-darcos-13905.php
3- http://www.archives.premier-ministre.gouv.fr/villepin/information/les_dossiers_actualites_19/lutter_les_delocalisations_une_406/index.html
4- http://www.lefigaro.fr/politique/2009/07/23/01002-20090723ARTFIG00259-le-travail-le-dimanche-adopte-de-justesse-.php
5- http://www.couleurgeek.com/7744-vaccin-grippe-a-remboursement-secu-obligatoire-ou-pas/20090727.html
6- http://actuanalysee.wordpress.com/2009/10/01/un-suicidaire-peut-en-cacher-un-autre/
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